
Identification des profils motivationnels de consommation d'alcool et implications sanitaires
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Des recherches psychologiques récentes établissent une corrélation entre la conscience des motivations qui sous-tendent la consommation d'alcool et la fréquence de cette consommation ainsi que les conséquences négatives associées. L'alcool, classé par le Centre International de Recherche sur le Cancer dans le Groupe 1 des agents cancérigènes, au même titre que l'amiante ou le tabac, implique que toute ingestion présente un risque sanitaire. En France, en 2015, l'alcool a été responsable de 41 000 décès, constituant la deuxième cause de mortalité prématurée après le tabac.
Une investigation scientifique a permis de distinguer quatre archétypes motivationnels chez les consommateurs. Ces profils varient d'un groupe à risque élevé, désigné comme les « Buveurs Sans But », à des individus conservant une maîtrise relative, qualifiés de « Buveurs de Plaisir ». L'étude des motivations à consommer, autrefois marginalisée, offre désormais une compréhension plus nuancée des conduites addictives, s'articulant autour des cadres de la psychologie cognitive et humaniste. Les conséquences de l'abus d'alcool sont multiples, incluant des troubles anxieux et dépressifs, et peuvent exacerber des problèmes de santé mentale préexistants.
Le groupe des « Buveurs Sans But », majoritairement masculin, présentait des raisons d'alcoolisation peu claires et subissait les répercussions négatives les plus graves. En parallèle, les « Buveurs Contrôlés par des Facteurs Externes » consommaient pour pallier l'anxiété sociale, gagner en assurance ou céder à la pression du groupe, ce qui se traduisait par une consommation fréquente et excessive. Ces facteurs externes, tels que le besoin de conformité aux codes sociaux, peuvent être des déclencheurs importants de la consommation, particulièrement chez les jeunes.
Le groupe des « Buveurs Flexibles », constituant la cohorte la plus nombreuse, affichait des motivations variées tout en maintenant généralement une consommation modérée. À l'opposé, les « Buveurs de Plaisir », dont la motivation était intrinsèque, consommaient avec modération et rapportaient peu d'effets néfastes; ce profil était plus fréquemment observé chez les participants plus âgés. L'étude des motivations intrinsèques, liées aux avantages perçus par la personne comme le bien-être retrouvé dans l'abstinence, est un axe clé de la régulation de la consommation.
Les spécialistes soulignent que la reconnaissance de sa propre motivation personnelle à boire est une stratégie fondamentale d'amélioration personnelle pour réévaluer son rapport à l'alcool. Cette recherche s'inscrit dans un contexte de santé publique où l'Organisation mondiale de la Santé affirme l'absence de niveau de consommation d'alcool totalement sans danger. En France, les repères actualisés en 2017 recommandent de ne pas dépasser 10 unités d'alcool par semaine et de s'abstenir au moins deux jours par semaine pour limiter les risques encourus.
L'impact psychologique de l'alcool se manifeste par une désinhibition pouvant mener à l'agressivité et à l'impulsivité, transformant des irritations mineures en conflits. De plus, si l'alcool agit comme un anesthésiant à court terme contre la morosité, il peut paradoxalement renforcer le sentiment de dépression à long terme si la cause sous-jacente n'est pas traitée. La compréhension de ces profils motivationnels permet d'orienter des interventions psychologiques ciblées, telles que les Thérapies Cognitivo-Comportementales, privilégiées pour traiter l'addiction en tenant compte du profil émotionnel du patient et de l'intensité de la conduite addictive.
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Sources
bb.lv
Alcohol Clin Exp Res (Hoboken)
Medscape
Ipsos
The Lancet Public Health
SAMHSA
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