Persistance des Relations Dysfonctionnelles Due aux Gains Secondaires Inconscients
Édité par : Olha Yos
De nombreux couples maintiennent des schémas relationnels dysfonctionnels sur le long terme, un phénomène souvent alimenté par des bénéfices émotionnels cachés, désignés sous le terme de gains secondaires. Le psychiatre et psychanalyste italien Vittorio Lingiardi, professeur ordinaire de Psychologie dynamique à l'Université Sapienza de Rome, exprime son inquiétude face à la longévité de ces unions insatisfaisantes, lesquelles sont paradoxalement maintenues par ces récompenses indirectes et non reconnues. Ces dynamiques persistent car elles offrent une forme de stabilité, même si elle est pathologique, en répondant à des besoins inconscients non satisfaits.
Un obstacle fréquent à l'évolution de ces couples est la compétition symbiotique, où les partenaires s'engagent dans une rivalité implicite pour déterminer qui souffre le plus ou qui détient la réalité de la situation. Cette dynamique peut se manifester par l'adoption simultanée de rôles parentaux critiques par les deux membres du couple, créant une lutte de pouvoir latente. Ces relations symbiotiques, où les caractéristiques individuelles sont perçues comme une menace, mènent à une fusion où les partenaires se sentent incomplets sans l'autre, un état qui contraste avec la sécurité d'une reconnaissance mutuelle de l'indépendance de chacun.
Les gains secondaires représentent des avantages indirects tirés du maintien d'un état de dysfonctionnement ou de maladie, tels que l'obtention d'une attention particulière ou l'esquive de responsabilités personnelles. Ces bénéfices peuvent parfois se manifester par l'attraction de figures tierces, souvent qualifiées de « sauveurs », venues interagir avec le système relationnel établi. Dans le cadre de l'Analyse Transactionnelle (AT), développée par Éric Berne à partir de 1958, ces interactions répétitives sont analysées comme des « jeux psychologiques » qui servent à remplir le temps ou à obtenir une reconnaissance négative, assurant une façade de proximité sans affronter les risques de l'intimité véritable.
Lorsque les partenaires résistent activement à toute tentative de modification de leur statu quo, un risque d'iatrogénèse, c'est-à-dire l'aggravation des conditions initiales même au sein d'un cadre thérapeutique, peut survenir. Ces jeux relationnels, souvent décrits par le triangle dramatique de Karpman (Victime, Persécuteur, Sauveur), sécurisent les protagonistes en leur offrant des bénéfices inconscients, comme revivre des schémas relationnels de l'enfance ou valider des croyances limitantes sur soi-même ou autrui.
Pour dénouer cet enchevêtrement, une reconnaissance lucide du jeu actif en cours et de l'avantage secondaire spécifique obtenu par le refus du changement est impérative. Par exemple, le bénéfice peut être l'évitement d'une intimité redoutée, un besoin de contrôle, ou le maintien d'un rôle identitaire structurant autour du symptôme. La sortie de ce cycle exige un refus conscient d'adhérer à ces scénarios dysfonctionnels, réorientant ainsi la responsabilité de la transformation vers les partenaires eux-mêmes, vers une posture d'égalité et de collaboration horizontale plutôt que verticale.
Le travail thérapeutique, souvent inspiré par des approches comme l'Analyse Transactionnelle, vise à rendre ces mécanismes inconscients accessibles à la conscience, permettant aux individus de chercher des réponses proactives à leurs besoins fondamentaux au lieu de s'appuyer sur des stratégies de survie obsolètes. Le psychiatre Vittorio Lingiardi souligne l'importance de ces diagnostics fins pour comprendre la résistance au traitement. La transition vers une connexion plus saine passe par l'acceptation mutuelle et le rejet de la nécessité d'avoir « raison » au profit de « bien faire » ensemble dans la relation.
33 Vues
Sources
Città Nuova
Città Nuova
Casa della Madia
Anobii
Lisez plus d’actualités sur ce sujet :
Avez-vous trouvé une erreur ou une inexactitude ?Nous étudierons vos commentaires dans les plus brefs délais.



