Hong Kong exprime une « vive protestation » après la prise de contrôle forcée des ports du canal par le Panama

Auteur : sfsdf dsf

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Le gouvernement de Hong Kong a officiellement déposé une plainte formelle auprès des autorités du Panama suite à l'éviction brutale d'un opérateur portuaire hongkongais. Cette démarche diplomatique fait suite à la prise de contrôle de deux terminaux stratégiques situés aux extrémités du canal de Panama, une action que Hong Kong qualifie de saisie par la force, dénonçant les méthodes employées par les autorités panaméennes pour s'emparer de ces infrastructures.

Pendant plus de deux décennies, ces installations portuaires essentielles étaient sous la gestion de CK Hutchison, une multinationale d'envergure basée à Hong Kong. La rupture soudaine de cette collaboration de longue date marque un tournant majeur dans les relations commerciales entre la région administrative spéciale et la nation centraméricaine, mettant fin à une période de stabilité opérationnelle de plus de vingt ans.

La situation a basculé le mois dernier lorsque la Cour suprême du Panama a rendu un arrêt radical annulant les contrats qui permettaient à CK Hutchison d'exploiter ces terminaux de conteneurs. Les magistrats de la plus haute instance juridique du pays ont motivé leur décision en déclarant que les accords contractuels initiaux étaient « inconstitutionnels », une sentence qui a provoqué une onde de choc dans les milieux d'affaires internationaux.

Cette offensive juridique et administrative s'inscrit dans un contexte de pressions géopolitiques croissantes, notamment sous l'influence des États-Unis. Le président américain Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises que la Chine exploitait secrètement le canal, bien qu'aucune preuve publique tangible ne vienne étayer de telles allégations à ce jour, suggérant une motivation politique derrière la décision judiciaire.

Dans une déclaration officielle particulièrement ferme, le gouvernement de Hong Kong a indiqué qu'il déposait une « vive protestation » contre ce qu'il considère comme un « acte flagrant » de la part du Panama. Selon les autorités hongkongaises, cette décision unilatérale bafoue non seulement « l'esprit des contrats » signés entre les parties, mais contrevient également de manière manifeste aux « règles du commerce international » en vigueur.

L'année dernière, CK Hutchison avait pourtant conclu un accord stratégique visant à céder la majeure partie de ses participations dans ces deux ports à un groupement d'investisseurs mené par la firme américaine BlackRock. Selon les informations rapportées par l'agence de presse Reuters, l'intervention soudaine du gouvernement panaméen risque de compromettre sérieusement cette transaction colossale, dont la valeur est estimée à 22,8 milliards de dollars, soit environ 20,75 milliards de livres sterling.

La direction de CK Hutchison, conglomérat fondé par le célèbre milliardaire hongkongais Li Ka-shing, a réagi avec véhémence en qualifiant la manœuvre gouvernementale d'« illégale ». L'entreprise souligne que cette reprise de contrôle forcée ne repose sur aucune base juridique solide et porte un préjudice grave à la sécurité des investissements étrangers sur le territoire panaméen.

Le président Donald Trump a persisté dans sa rhétorique offensive, martelant que cette voie navigable cruciale pour le commerce mondial était tombée sous le contrôle direct de Pékin. Cette position s'inscrit dans une stratégie diplomatique américaine plus large visant à limiter l'influence économique et stratégique de la Chine dans la région de l'Amérique centrale.

Lors de son allocution d'investiture en janvier dernier, le président américain avait tenu des propos sans équivoque devant son auditoire : « La Chine exploite le canal de Panama alors que nous ne le lui avons pas donné. Nous l'avons remis au Panama et nous sommes en train de le reprendre. » Ces déclarations illustrent la volonté de Washington de réaffirmer sa domination sur cette zone stratégique.

Le mois suivant, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a lui aussi exigé que le gouvernement panaméen procède à des « changements immédiats » dans la gestion de l'infrastructure. Il a exprimé ses vives inquiétudes concernant ce qu'il a qualifié d'« influence et de contrôle » exercés par les entités chinoises sur les opérations quotidiennes du canal interocéanique.

Pourtant, malgré ces affirmations répétées au plus haut niveau de l'administration américaine, il n'existe aucune preuve concrète suggérant que l'État chinois exerce un contrôle opérationnel réel sur le canal. Il est toutefois indéniable que les entreprises d'origine chinoise maintiennent une présence commerciale et logistique de premier plan dans la zone, ce qui alimente les tensions diplomatiques.

Le canal de Panama, long de 51 miles (soit environ 82 kilomètres), voit transiter chaque année près de 14 000 navires de toutes nationalités. Cette artère maritime fondamentale sert de raccourci indispensable entre les océans Atlantique et Pacifique, permettant aux transporteurs d'éviter le long et coûteux contournement de la pointe sud du continent américain.

La gestion de cette voie d'eau, qui absorbe à elle seule environ 5 % du volume total du commerce maritime à l'échelle mondiale, incombe à l'Autorité du canal de Panama. Cette entité est une agence gouvernementale panaméenne autonome chargée de garantir la neutralité, la sécurité et l'efficacité des opérations de transit pour l'ensemble de la flotte mondiale.

Les données statistiques pour la période allant d'octobre 2023 à septembre 2024 indiquent que la Chine a représenté 21,4 % du volume total de fret ayant transité par le canal. Ces chiffres officiels confirment que la Chine demeure le deuxième utilisateur le plus important de cette infrastructure vitale, se plaçant juste derrière les États-Unis en termes d'activité économique et de volume de transport.

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