Augmentation de la Nomophobie chez les Enfants: Impact de l'Usage Numérique sur le Développement Émotionnel

Édité par : Olha 12 Yo

L'adoption généralisée et précoce des technologies numériques modifie l'expérience émotionnelle des enfants, entraînant une hausse de la nomophobie, définie comme l'anxiété liée à la séparation d'avec leurs appareils. Ce phénomène, de plus en plus prévalent chez les jeunes générations, soulève des questions sur l'équilibre entre l'attachement numérique et la maturation affective. L'Inserm a indiqué qu'en 2022, 20 % des enfants âgés de 3 à 17 ans présentaient des signes de cette peur de se séparer de leur téléphone mobile.

Chez les jeunes, la nomophobie se traduit par une détresse tangible, manifestée par des réactions physiques, cognitives et émotionnelles. Cela suggère que le temps excessif passé devant les écrans supplante l'interaction concrète avec le monde réel et entrave le traitement des émotions complexes. Les spécialistes en psychologie notent que les récompenses numériques, telles que les notifications ou les mentions « J'aime », activent fortement le circuit de la récompense dopaminergique, faisant des dispositifs un refuge immédiat contre l'ennui ou la frustration.

Des données récentes montrent que les enfants de 6 à 8 ans consacrent en moyenne 3,28 heures par jour aux appareils numériques. Ce chiffre dépasse significativement les directives de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui préconise zéro exposition pour les moins de deux ans et une heure maximale pour les deux à quatre ans. Cette surconsommation est de plus en plus corrélée à l'essor des plateformes de vidéos courtes et à l'augmentation du temps de jeu vidéo, au détriment des formes traditionnelles de divertissement télévisuel.

L'étude longitudinale française ELFE, menée entre 2013 et 2017 sur 18 000 enfants, a établi des corrélations négatives entre le temps d'écran et le développement cognitif global, notamment dans les domaines de la motricité fine et du langage, particulièrement lorsque la télévision est allumée pendant les repas familiaux à l'âge de deux ans. L'hypothèse du déplacement, théorisée par des chercheurs comme la professeure Duerden, suggère que ce temps passé devant l'écran perturbe la connectivité cérébrale normale en se substituant à des activités cruciales telles que le sommeil ou les interactions sociales. Cette substitution est préjudiciable au développement du langage chez les tout-petits, car les interactions verbales riches avec les adultes sont fondamentales pour l'acquisition de ces compétences.

De surcroît, une exposition excessive peut entraîner des altérations dans le centre de contrôle cognitif du cerveau, impactant les fonctions exécutives comme la résolution de problèmes et la mémoire de travail, des capacités qui continuent leur développement jusqu'au début de la trentaine. Pour ajuster cette trajectoire, une gestion active et réfléchie de la technologie est nécessaire. Les stratégies recommandées par les spécialistes incluent l'instauration de zones sans technologie au sein du foyer, l'engagement parental dans le co-visionnage de contenu, et l'exemplarité des parents dans la modélisation d'une utilisation régulée de leurs propres appareils. Le constat fondamental demeure que pour cultiver l'intelligence émotionnelle, il est essentiel de privilégier consciemment la régulation numérique et d'encourager le jeu non structuré, afin que la technologie reste un outil de support plutôt qu'une expérience structurante de l'existence de l'enfant. Des spécialistes comme Vidhi Desai ont observé l'impact de cette surexposition numérique, notamment auprès d'enfants autistes, renforçant la nécessité d'activités pratiques et sensorielles compensatoires.

27 Vues

Sources

  • Agenda Digitale

  • Health Professionals For Safer Screens

  • 2025 The Common Sense Census: Media Use by Kids Zero to Eight - beSpacific

  • 03-02 2025 The Common Sense Census: Media Use By Kids Zero to Eight - Lynn's Warriors

  • Daniela Lucangeli agli Stati Generali della Scuola Digitale 2025

Avez-vous trouvé une erreur ou une inexactitude ?Nous étudierons vos commentaires dans les plus brefs délais.