Jeunesse iranienne face à la crise: Désenchantement et précarité sous la pression économique et les sanctions renouvelées

Édité par : user3@asd.asd user3@asd.asd

Jeunesse iranienne face à la crise: Désenchantement et précarité sous la pression économique et les sanctions renouvelées

La jeunesse iranienne, incarnée par la Génération Z, est confrontée à une épreuve économique d'une ampleur inédite. Les récits décrivent un quotidien marqué par des hausses de prix si vertigineuses qu'elles sont qualifiées d'« inimaginables », avec des fluctuations survenant d'un jour à l'autre. Cette instabilité nourrit un désenchantement profond, où les aspirations personnelles se heurtent au mur de la précarité économique.

Les répercussions de la récente confrontation de douze jours avec Israël en juin ont agi comme un catalyseur, intensifiant la pression sur une économie déjà fragilisée par des années de restrictions internationales. Le retour des sanctions, notamment celles réimposées par l'ONU sur le programme nucléaire de Téhéran, a tari les opportunités d'emploi. Les familles, même celles bénéficiant de deux revenus, peinent à couvrir les besoins essentiels, se voyant contraintes de rationner des produits de base comme la viande, le poisson et le riz entre deux salaires. Une conséquence poignante de cette détresse est le sacrifice de compagnons animaux, faute de pouvoir assumer leurs soins.

Les chiffres disponibles dressent un tableau sombre de la situation. Le taux de chômage officiel s'établit à 7,20 % au quatrième trimestre 2024, mais pour les Iraniens jeunes, ce chiffre grimpe à près d'un sur cinq, le taux de chômage des jeunes atteignant 20,20 % au quatrième trimestre 2024. Plus alarmant encore, des sources non officielles et internationales estiment qu'environ 80 % des foyers vivent sous le seuil de pauvreté mondial, signalant une rupture systémique dans la capacité à assurer une sécurité financière minimale. Les familles sont contraintes de faire des choix drastiques face à une inflation qui a vu les prix de certains produits alimentaires augmenter de manière significative.

Bien que l'Iran ait développé une économie de résistance face aux sanctions, cherchant des parades en réorientant ses chaînes d'approvisionnement vers des partenaires comme la Chine, la Russie, l'Inde et la Turquie, cette adaptation ne suffit pas à restaurer le pouvoir d'achat de la majorité. L'incapacité à se procurer certains équipements spécialisés, disponibles uniquement en Occident, continue de freiner la sophistication industrielle. Le poids de cette réalité économique éclipse d'autres débats sociétaux; pour beaucoup, l'amélioration des conditions de vie est une préoccupation bien plus pressante.

Les jeunes, éduqués – le taux d'alphabétisation des 15-24 ans frôle les 99 % dans des domaines comme les mathématiques et l'informatique – se sentent privés de perspective de développement, nourrissant une colère sourde. Face à ce climat, les aspirations individuelles se transforment. Les projets personnels sont mis en veille, remplacés par le simple souhait que l'inflation cesse pour pouvoir planifier un été serein. Ces témoignages révèlent une profonde dualité: un attachement intrinsèque à la patrie contrastant avec un présent devenu insoutenable. L'issue de cette période de turbulence dépendra de la manière dont cette jeunesse, éduquée et désillusionnée, choisira de canaliser son énergie pour façonner un environnement où l'épanouissement redevient une possibilité tangible.

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Sources

  • Deutsche Welle

  • Al Jazeera

  • BBC News

  • Reuters

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