Présence d'Éthanol dans les Produits de Boulangerie: Enjeux Sanitaires et Réglementaires

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Des préoccupations sanitaires émergent concernant la présence de traces d'alcool éthylique dans des aliments de consommation courante, tels que les petits pains et les gâteaux. Cette teneur résiduelle peut résulter soit des processus de fermentation naturelle inhérents à la fabrication, notamment par la levure Saccharomyces cerevisiae transformant le glucose en alcool et en dioxyde de carbone, soit de l'incorporation délibérée d'éthanol pour ses propriétés de conservation ou comme solvant d'arômes.

En Suisse, les détaillants indiquent que les niveaux d'alcool détectés demeurent minimes et sont jugés sans danger pour une consommation typique, précisant que l'éthanol contenu se dissipe souvent lors de l'ouverture de l'emballage ou par l'application de chaleur. Cependant, des associations de protection des consommateurs expriment des réserves quant aux conséquences à long terme sur les populations vulnérables. Elles craignent qu'une exposition précoce puisse potentiellement désensibiliser les jeunes ou abaisser leurs inhibitions vis-à-vis de la consommation d'alcool ultérieure, un sujet sensible souligné par des études françaises indiquant que 60 à 70% des enfants de 11 ans ont déjà goûté à l'alcool.

Au-delà des enfants, les individus en rétablissement de dépendance alcoolique sont également concernés. Des organismes spécialisés, à l'instar d'Addiction Suisse, alertent sur le fait que même des quantités infimes d'éthanol peuvent constituer un déclencheur de rechute pour les personnes luttant contre l'alcoolisme, en raison de la puissance des signaux olfactifs ou gustatifs. L'exposition prénatale à l'alcool est également associée à des niveaux accrus de consommation d'alcool à l'âge de 22 ans, suggérant un lien plus profond que la simple ingestion accidentelle.

Face à ce panorama, les organismes de défense des droits appellent à une vigilance accrue des parents et soulignent un manque de clarté dans l'étiquetage actuel. L'avocat Dario Dongo a mis en lumière la nécessité d'une transparence accrue, suggérant que même si l'alcool est utilisé comme additif alimentaire pour sa fonction, une indication volontaire du pourcentage dans le produit fini est recommandée. En Suisse, l'Ordonnance sur l'information sur les denrées alimentaires (OIDAI) exige l'indication de la teneur si elle atteint 1,2 % vol. Les experts du secteur agroalimentaire et de la santé publique plaident pour une évolution des cadres réglementaires afin d'intégrer des avertissements clairs en façade des emballages, une exigence cruciale pour les groupes sensibles comme les enfants et les femmes enceintes.

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Sources

  • Der Bund

  • Kassensturz Espresso

  • Verbraucherzentrale Brandenburg

  • Bäckerwelt

  • Kölner Stadt-Anzeiger

  • Verbraucherzentrale.de

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