Confiance dans les banques suisses au plus bas depuis 2007, selon une enquête de fin 2025
Édité par : user3@asd.asd user3@asd.asd
La confiance du public envers les institutions bancaires suisses a récemment diminué, atteignant un niveau comparable à celui observé en 2007, juste avant la crise financière mondiale déclenchée par la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008. Selon une enquête menée par l'institut gfs.bern pour le compte de l'Association Suisse des Banquiers (ASB) à la fin de l'année 2025, seulement 53% des personnes interrogées ont exprimé un sentiment positif à l'égard du secteur bancaire. Ce résultat marque un recul significatif par rapport au pic de confiance enregistré en 2021, période durant laquelle la gestion de la pandémie de COVID-19 par les banques avait généré une approbation plus marquée.
L'analyse des données de ce sondage révèle des disparités notables selon les profils sociétaux. Les citoyens plus jeunes et les électeurs se positionnant à gauche de l'échiquier politique manifestent une défiance plus prononcée envers ces acteurs centraux de l'économie nationale. Historiquement, la fiabilité et la prudence des banques suisses leur avaient permis de retrouver une confiance majoritairement positive dès 2019, après une décennie de turbulences post-2008. Cependant, des événements récents, notamment la crise de confiance ayant affecté le Credit Suisse en mars 2023, ont ébranlé cette image, malgré les mesures réglementaires adoptées depuis.
Les facteurs expliquant cette érosion de la confiance sont multiples et reflètent des préoccupations plus larges concernant la place financière helvétique. Si la population reconnaît globalement le rôle économique et social des banques, notamment leur contribution à la prospérité et leur fonction d'employeur, des inquiétudes subsistent quant à la défense des avantages compétitifs face à une pression internationale accrue. La crise du Credit Suisse, qui a mis en lumière des failles de gouvernance et de contrôle des risques, a servi de rappel de la vulnérabilité systémique potentielle.
L'environnement macroéconomique de 2025 exerce également une influence sur cette perception. Caractérisé par une croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) modérée, une inflation proche de zéro, et un taux directeur de la Banque Nationale Suisse (BNS) ramené à 0,0% en juin 2025, ce contexte pèse sur les marges d'intérêts des établissements. Ce différentiel de taux, notamment avec la Banque Centrale Européenne et la Réserve Fédérale américaine, peut impacter négativement les résultats consolidés des banques domestiques. De surcroît, la Banque Nationale Suisse a souligné dans son Rapport sur la stabilité financière de 2025 que les avancées technologiques augmentent la vélocité avec laquelle une perte de confiance peut engendrer des retraits massifs de liquidités.
Ce niveau de confiance de 53%, équivalent à celui de 2007, appelle à une vigilance accrue. Bien que le système ait intégré des enseignements majeurs post-Lehman Brothers, notamment en matière de fonds propres et de liquidités imposés par Bâle III final, la résilience du secteur bancaire suisse est mise à l'épreuve par des divisions politiques internes et des critiques croissantes sur la responsabilité sociale et la durabilité des pratiques bancaires.
3 Vues
Sources
www.Bluewin.ch
SWI swissinfo.ch
Bluewin
Ticinonline
Associazione Svizzera dei Banchieri - Swiss Banking
Lisez plus d’actualités sur ce sujet :
Avez-vous trouvé une erreur ou une inexactitude ?Nous étudierons vos commentaires dans les plus brefs délais.



