Alors que la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP30) se tenait à Belém fin novembre 2025, les préoccupations sanitaires concernant les athlètes de football féminin face aux conditions météorologiques extrêmes demeuraient centrales. Le match final du Campeonato Mineiro Feminino 2025, disputé le 22 novembre, a été programmé à 15h00, une heure jugée particulièrement risquée par les professionnels de la santé en raison de l'augmentation des vagues de chaleur liées au réchauffement climatique global.
Cette situation locale reflète les enjeux plus larges abordés à Belém, où des avancées notables ont été réalisées sur le financement de l'adaptation, avec un engagement pour tripler les financements publics d'adaptation d'ici 2035, s'alignant sur l'objectif global de 300 milliards de dollars par an fixé à la COP29. Cependant, le réchauffement planétaire exacerbe les événements extrêmes, avec une élévation des températures de 1,1ºC enregistrée au cours des deux dernières décennies dans le Minas Gerais, région où la moyenne annuelle se situe à 23 degrés Celsius.
Des spécialistes, notamment des dermatologues, soulignent que jouer à 15h00 expose les sportives à des niveaux élevés de rayonnement, augmentant les risques de déshydratation, de coups de soleil et, à terme, de cancers cutanés. L'analyse de la saison 2025 du championnat révèle une tendance systémique: 17 des 21 rencontres ont débuté à cette heure critique. Des matchs importants, comme celui entre América et Cruzeiro le 18 octobre, ont également été programmés à 15h00, malgré les avertissements médicaux.
Les athlètes réclament des coups d'envoi plus tardifs, arguant que la performance de haut niveau est compromise aux heures de chaleur maximale, citant souvent les impératifs des calendriers de diffusion télévisuelle comme principal obstacle logistique. Ce conflit d'horaire met en lumière un dilemme où les exigences de diffusion priment sur les mesures urgentes d'adaptation sanitaire, un écho aux préoccupations soulevées internationalement pour la Coupe du Monde de la FIFA 2026, où des pauses fraîcheur automatiques ont été imposées pour des températures potentiellement supérieures à 35°C en indice WBGT.
La prise de conscience internationale, bien que tardive pour certains matchs de clubs en 2025, souligne la nécessité d'une révision structurelle des pratiques sportives face à l'évolution climatique. Le syndicat Fifpro recommande des reports lorsque l'indice WBGT dépasse 28°C, illustrant l'écart entre les seuils de sécurité reconnus par les instances sportives mondiales et la réalité vécue par les joueuses du Minas Gerais.



